Le petit catalogue des caractères Han propres à la Corée
Le Japon possède plus de 1 000 kokuji ; les guyuja (固有字) coréens ne comptent qu'environ 100 caractères documentés. Cet écart a des raisons culturelles et historiques profondes.
Caractères principaux
- 畓 (dap, rizière) : eau + champ. Symbole de la culture rizicole de la péninsule coréenne ; le chinois emploie le mot composé 水田.
- 乭 (Dol) : utilisé surtout dans les noms propres. Sa structure est parfaitement transparente et typiquement coréenne : 石 fournit à la fois le sens et la lecture vernaculaire dol (pierre), tandis que 乙 s'y ajoute pour noter la consonne finale -l — le procédé idu consistant à écrire la finale d'un mot autochtone à l'aide d'un caractère supplémentaire.
- 㔓 (ttak) : présent dans les toponymes et les documents administratifs de l'ère Joseon, de sens devenu obscur.
- Caractères toponymiques : de nombreux noms de districts et de villages dans les archives historiques utilisent des caractères absents de tout dictionnaire chinois.
Pourquoi moins que le Japon ?
La dynastie Joseon valorisait le hanmun (漢文) comme langue écrite de prestige ; créer de nouveaux caractères était perçu comme un signe d'ignorance. Après l'invention du hangeul par le roi Sejong en 1443, les besoins phonétiques furent couverts sans nouveaux caractères. De plus, la géographie et la flore coréennes n'exigeaient pas une différenciation lexicale aussi fine qu'au Japon.
Héritage contemporain
La plupart des guyuja ne survivent que dans des textes classiques, des archives et des noms propres. 畓 fait exception : il figure encore dans les documents juridiques coréens modernes.